Bolo, la sous-exploitation d’un talent

Juan Perez Bolo, meilleur buteur de Division One en 2008-2009, ancien joueur vedette des Texels, est aujourd’hui un joueur comme un autre de l’équipe de Laurent Alibert, les Colons de la Tatane. Des vertes collines de Charente limousine à la vie maussade d’une équipe du 9-4, Bolo se livre sur sa carrière.

Charente Libre (CL) : Vous avez été recruté au Mercato 2009 par une nouvelle équipe, celle des Colons de la Tatane, qui, elle, ne descendait pas en Division Two. On connaît la jalousie légendaire du président de ce club pour toutes les équipes un peu prestigieuses avec un nom et de la gueule. On sait aussi qu’il ne porte pas les Texels, votre ancienne équipe, dans son cœur. Pourquoi passer du coq à l’âne, ou devrais-je plutôt dire : de la brebis au parigot ?

Bolo (B) : Après une excellente saison en 2008-2009, mon contrat avec les Texels s’arrêtait à l’été. J’ai rencontré à de nombreuses reprises Andreas Brehme, l’entraîneur, ou encore Anthony Grolleau et nous étions d’accord sur une chose : je devais continuer avec les Charentais. Le gros problème était que mes succès augmentaient ma valeur sur le marché et que les Texels, alors descendant en Division Two, savaient qu’ils n’auraient pas d’énormes moyens pour m’avoir. Parfois, on veut, on veut terriblement, mais on ne peut pas. Une fois le Mercato ouvert les Colons m’ont approché. Ils se sont montré les plus intéressés. Et je savais que les Texels ne suivaient pas. J’ai fait un choix financier mais aussi celui de rester en Division One.

CL : On veut et on ne peut pas. Mais aujourd’hui, vous regrettez votre décision ?

B : Amèrement. Je crois que dans les Charentes j’avais un public et une belle dynamique avec le staff et le dirigeant. Je pouvais me réaliser. Je pouvais me lancer et on me faisait confiance. Je ne sens rien de tel dans l’équipe des Colons. Sur les 19 dernières journées, je n’ai joué que 9 fois, avec la terrible impression de n’être que l’équipe B. Pourtant, Santa Cruz, un des meilleurs buteurs des Colons ne compte que quatre buts pour 11 matches joués. En termes de statistiques, ce n’est pas meilleur que moi. D’autant plus qu’il ne faut pas sous-estimer mes actions. Je suis une bonne aide pour marquer des buts.

CL : Mais, tous les commentateurs le savent, les Colons font un peu dans la stratégie de café des sports alignant souvent deux équipes une pour les journées pairs et une pour les journées impairs. Cela devrait vous permettre de remettre en perspective le fait que sur 19 journées vous n’ayez joué que 9 matches.

B : Ce n’est pas juste cela. C’est l’ambiance délétère du club. Les tensions entre l’entraîneur et la direction. C’est la vision parfois un peu simpliste de Laurent Alibert pour qui le foot c’est juste marquer des buts. Il n’y a pas cet esprit de famille qu’on retrouvait chez les Texels.

CL : Pourtant les Colons vous ont fourni un appartement de fonction et une voiture.

B : En guise d’appartement de fonction j’ai un petit studio à Gentilly dont je dois payer le loyer. Je suis tenu d’y vivre pendant la première année aux Colons. C’est précisé dans le contrat. Et le studio appartient au beau-frère de M. Alibert. Bien sûr, ça reste dans la famille… mais moi je n’en fais pas partie. Pour ce qui est du transport… c’est le bus. Je dois changer deux fois pour aller à l’entraînement.

CL : Dans ces conditions, comment vous voyez votre avenir ?

B : Sombre… J’aimerais un transfert en Charente mais le règlement de la League ne le permet pas. Il y a une chose que je n’apprécie pas avec les Colons, c’est leur manque de moyens. M. Alibert est un bel harpagon. Pour réduire les coûts de gestion du club, les personnes qui font le ménage dans les tribunes, celles qui nettoient les vestiaires et même celles qui nous massent, sont toutes des pensionnaires de la maison de retraite les Papillons Bleus, gérée par M. Alibert. On nous explique que c’est un bon moyen de les intégrer, de leur donner un but. Mais vous savez, on en a perdu 2 la semaine dernière, alors qu’ils récuraient les douches. Et lorsque je vois le regard vide et désespéré de ces petits vieux exploités, j’ai l’impression de voir ce qui m’attend si je reste avec les Colons.

Démenti de la CNF

Le journal Charente Libre publie un démenti du président de la CNF.

« Au rédacteur en chef de Charente Libre,

En réponse à vos récentes parutions sur le match CNF – Colons, le Conseil d’Administration de la CNF  tient a émettre un démenti officiel à toutes vos allégations de corruption sur ce match.

Vous citez des sources anonymes évoquant un transfert d’argent. Nous ne nions pas avoir reçu de l’argent des finances des Colons, mais cela correspondait à un trop perçu d’intérêts de l’an dernier. Certes, le moment était mal choisi pour effectuer un tel versement, et nous comprenons vos doutes. Cette maladresse ne pouvait que conduire à une polémique. Par le passé, jamais la CNF n’a été citée dans des affaires de corruptions, ou de matchs irréguliers. Notre fair-play et notre droiture ne sauraient être remis en cause. La CNF est portée par la passion du football, et son engagement pour le fair-play, dès le centre de formation est indéniable.

Concernant la rencontre, nous regrettons effectivement de n’avoir pu l’emporter. Notre entraineur et nous mêmes, pensions que ce match était perdu d’avance, vu les résultats calamiteux de l’équipe depuis le début de saison. Ainsi, notre président, Alexis Antonioli, a demandé à Oleg Blokhine notre entraîneur, de faire tourner l’effectif, afin de garder au frais nos joueurs pour le match contre le High Team, match, qui je vous le rappelle, est l’un des objectifs de notre président, idée qu’il a mis en avant dans votre propre magazine, à l’occasion de son interview. Ajoutez à cela la suspension de deux de nos joueurs clés (Zarate et Camoranesi) et vous obtenez une équipe assez atypique. Nous regrettons toutefois d’avoir surestimé l’adversaire, car oui, nous le confessons cette équipe des Colons était prenable.

Pour ces raisons, la CNF vous demande de publier un démenti des publications susdites, et se tient à votre disposition pour répondre à vos questions qui ne manqueront pas de lever les doutes que vous pouviez encore avoir.

Si toutefois, vous refusiez de répondre à notre demande, la CNF se verrait dans l’obligation d’engager des actions en justice pour calomnie.

Tout en restant à votre disposition, nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur nos salutations distinguées. »

Rumeurs de corruption

Le doute plane sur League Manager

Dernière minute – Les enquêteurs de Charente Libre travaillent actuellement sur une affaire de corruption et de match truqué. Selon certaines sources bien informées, il semblerait qu’une nouvelle affaire de corruption viendrait entacher League Manager.

A l’heure actuelle, les journalistes refusent de préciser quelle division serait touchée et encore moins quelle équipe. Tout devrait être révélé dans la prochaine édition de Charente Libre.

Victoire contre les Toulousains

Ce duel entre le fier taureau toulousain et le pugnace bélier charentais a été plus intéressant que le résultat (0-1) n’y paraît. Le St-Cyprien avait parié sur

Bruggink à lattaque des Charentais

Bruggink à l'attaque des Charentais

une formation avec trois attaquants, espérant ainsi percer la meilleure défense du championnat. Cette stratégie avait fonctionnée la journée précédente à Montréal et avait semblé laisser moins de champ de manœuvres aux Charentais. Les Toulousains ne s’étaient pas trompés. La domination des Texels s’est faite moins écrasante du fait qu’ils devaient constamment éviter de laisser les attaquants adverses fondre sur leurs buts. Néanmoins, on sentait clairement que les hommes d’Anthony Grolleau jouaient une coche au dessus. Ils étaient moins à l’aise mais contrôlaient mieux leur jeu, construisaient leurs actions contre des Toulousains fougueux et ambitieux.

Ainsi le danger a été équitablement partagé entre les deux équipes durant tout le match, au grand plaisir des supporters. Les attaques et les contre-attaques se sont succédées à un rythme soutenu et les deux gardiens ont eu quelques sueurs froides. Du côté de Tony Sylva,  c’est l’attaque en piquée du trio Bruggink, Camara, Mendoza à la 60ème minute qui a su mettre dans une situation difficile le gardien charentais. Chez Andres Palop, deux tirs de Benny McCarthy sont venus le surprendre et passer juste au dessus de la barre transversale en tout début de match. Finalement, alors qu’un match nul aurait été tout à fait honorable pour le St-Cyprien mais aurait desservi les Texels, McCarthy a su conclure une belle action collective des Texels et enfoncer le but de la victoire à la 88ème minute.

Après le match à Montréal, tout cela vient démontrer que les Texels sont « prenables » et que leur Stalingrad est tout à fait envisageable. Quant au St-Cyprien, il a su faire preuve de force et donner du fil à tordre à l’équipe en tête du classement.

Quand le podium piétine…

Lentraîneur des Fées satisfait du match...

L'entraîneur des Fées satisfait du match...

Et que le RVFC gagne son deuxième match de la saison !

Cette dixième journée a été passionnante à plus d’un titre. La mécanique du trio de tête avait cahoté quelque peu en neuvième journée et tout était possible, dont un éventuel rattrapage des Texels par ses poursuivants. L’écart s’était réduit à quatre petits points entre les Charentais et leurs deux concurrents directs : le Wallaby et le SPC.

Les Texels sont les grands vainqueurs de cette journée malgré un match difficile. Leur déplacement au Québec s’est bien soldé par une victoire, mais les hommes d’Anthony Grolleau sont passés bien prêts du match nul ou pire, de la défaite. Les Fées Clochettes de Montréal, tenues par une main de fer par Sophie Spirale (d’ailleurs ses joueurs utilisent ses initiales SS  pour parler d’elle, c’est dire la virulence de leur présidente) ont sorti le grand jeu et ont malmené les Texels comme ils l’ont rarement été depuis le début de la saison. Féériques, les joueurs de Melle SS l’ont été ! Ils ont électrisé leurs supporters et sont passés à deux doigts d’une victoire qui aurait été méritée. Cette situation, pour des Charentais qui n’ont pas joué de match de coupe, est surprenante et laisse les commentateurs sur leur fin… la belle cylindrée des Texels serait-elle en train de se gripper ?

Derrière les Charentais, le Wallaby et le SPC se regardaient en chien de faïence. A égalité de points, ils se devaient de ne pas laisser les Texels reprendre le large ou mieux, les rattraper, se placer à un point de la tête du classement. Mais, c’est que la Coupe s’invitait en D2. Le Wallaby et le SPC s’affrontaient en huitième de finale dans un duel qui allait laisser des traces et leurs joueurs fatigués. En conséquence, les deux équipes ont perdu leurs matches de championnat. Le SPC s’est vu infligé une belle leçon de football par son poursuivant direct : le Stupid. Comme pour les Texels, les hommes de Christophe André ont su montrer de quoi ils étaient capables. Pour le Wallaby, la situation a été différente. Il a su maîtriser le match, imposer son jeu mais a fait face à un AZ Team plus chanceux. Cela nous porte d’ailleurs à croire que le Wallaby a toutes ses chances et toutes les qualités pour atteindre la tête du classement. Malgré la fatigue de la Coupe, il a fait un bon match contrairement au SPC ou aux Texels.

Quoi qu’il en soit, les Texels maintiennent une distance de sécurité tandis que le Wallaby et le SPC se font rattraper par le Stupid et Marseille. L’écart se resserrant Australiens et Provençaux n’ont pas droit à l’erreur.

Alors que le sommet s’enrhume, en queue de peloton, le RVFC rallume la ferveur de ses supporters. En déplacement en Ukraine, les Nancéens d’Hervé Marmier ont joué un match difficile et ont su s’imposer au bon moment grâce à Sabo. C’est un bon coup pour Hervé Marmier qui évite de trop décrocher… c’est que dorénavant entre le Rontgen en neuvième position et le RVFC, il n’y a que 2 points d’écarts. Tout est donc possible pour toutes les équipes de la deuxième moitié du classement.

Notons tout de même qu’il y a un risque d’éclatement entre les huit derniers et les autres équipes. La fracture se situe entre le Jönköping et le Rontgen. La prochaine journée sera décisive. De la même manière de la huitième place à la deuxième, le peloton s’étire. Il y a sept points de différence entre le Jönköping et le Wallaby, autant qu’entre le Wallaby et les Texels.

En onzième journée, il faudra suivre le Rontgen/Charlesbourg qui marquera peut-être la cassure du milieu du classement (un match nul serait le pire scénario) ainsi que le match Jönköping/RVFC. La victoire attendue des Suédois alimenterait la fracture, mais les hommes d’Hervé Marmier sont peut-être sur le point de se réveiller. Le match qui opposera le Wallaby à Marseille pourrait aussi être intéressant car une défaite ou un match nul des Australiens pourrait mettre les Marseillais en bonne position pour la suite. On s’attend également à la victoire d’un Stupid en forme contre un Astaffort un peu faiblard. Les choses pourraient bouger en onzième journée… Les Texels, quant à eux, restent toujours protégés avec leurs sept points d’avance.

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